Tag Archives: monnaie virtuelle

Une monnaie mondiale

19 Avr

TxtEagle est une société américaine, qui s’est montée sur un business très particulier. Elle a créé des partenariats avec des opérateurs de téléphone mobile dans plus de 100 pays, essentiellement des pays émergents, et elle organise des sondages par SMS pour des opérations marketing ou -mieux- pour des enquêtes ou des recherches de terrain. Elle prétend avoir ainsi potentiellement accès à une population de 2,1 milliards d’individus !

Le point intéressant, c’est que TxtEagle rémunère les personnes participantes par des minutes de temps de communication sur leur mobile. Nous voilà donc bien face à une monnaie !

Cette société est un exemple – un bel exemple – de monnaie complémentaire : une communauté accepte des minutes de communication mobile comme moyen d’échange. Il est clair que dans les pays émergents, où l’argent (billets ou moyens de paiement) manque souvent, un moyen aussi fluide que les minutes de communication mobile est extrêmement pratique. J’ai mon compte bancaire dans ma main, je peux le consulter à tout moment, payer quelqu’un en minutes de communication (par un transfert de minutes d’un téléphone à l’autre), etc.

Superfluid, une plateforme d’échange made in USA

16 Mar

J’ai découvert l’année dernière une plateforme d’échange intéressante et assez simple, créée aux Etats-Unis : Superfluid. Elle est en anglais, et il n’y a apparemment pas de projet de traduction du système pour l’instant.

Cette plateforme comprend 2 sections : une section de particulier à particulier (peer-to-peer, ou p2p), et une section business. Elle utilise une monnaie d’échange, les Quids (apparemment, cela vient de l’argot irlandais ou anglais, pour désigner un euro ou une livre).

Le principe est simple : le site est une sorte de place de marché, où je peux poster les services que j’offre. Les personnes intéressées par mes services me contactent, et si le deal se fait, je suis payé en quids, que je peux utiliser à mon tour pour obtenir des services d’autres personnes. Je peux créer des projets, faire une communauté (pratique si on veut utiliser Superfluid entre personnes qui se connaissent), etc. Bref, du assez classique.

Pour info, j’ai créé une communauté pour les utilisateurs francophones de Superfluid, on peut s’y retrouver !

La différence entre la section p2p et la section business, c’est que sur la première, on échange des services non-marchands, et dans la seconde, on peut échanger des biens et des services marchands. Sur la seconde, les échanges sont faits entre professionnels, et en tant que tels, sont taxés pour remplir les exigences légales en cours aux Etats-Unis (IRS compliance).

Comment fonctionne le système des quids ?

Si vous rejoignez la plateforme business, vous commencez avec 200 quids. Sur la plateforme p2p, avec 0 quids… Enfin, c’est ce qui est dit dans le FAQ, mais personnellement, je me suis inscrit sur la section p2p et on m’a gentiment crédité de 200 quids…

Pour obtenir des quids : vous avez le choix :

  • Rendre service à d’autres membres de la plateforme, qui font appel à vos services. Vous serez rémunéré selon le montant que vous aurez décidé lors du deal.
  • Emprunter des quids : il n’y a pas de taux d’intérêt et vous remboursez quand vous contribuez à d’autres, et que donc vous gagnez des quids. Le montant de ce que vous empruntez est limité, bien entendu.
  • Enfin, il semble qu’il y ai un système de bonus pour les utilisateurs assidus, qui permet d’avoir des quids supplémentaires.

A noter que vous ne pouvez pas acheter des quids avec des dollars ou autres monnaies nationales, et que de même, vous ne pouvez pas transformer vos quids en argent « dur ». D’ailleurs, il est expliqué que 1 quid n’est pas équivalent à 1 dollar, et que donc les prix en quids proposés sur Superfluid sont très variables. C’est assez intéressant à voir : il y a beaucoup d’offres qui tournent autour du graphisme et de la production de sites web (mais pas que…) et les tarifs vont de 20 à 100 quids par heure de travail.

Les créateurs contrôlent la masse monétaire générée par la plateforme, et promettent de s’engager à la garder autour d’une moyenne de 400 quids par utilisateur, pour éviter inflation, emballement, spéculation et fuite en avant du système. Je ne sais pas vraiment comment ils s’assurent de cette limite, mais j’imagine qu’ils restreignent l’accès au crédit des utilisateurs et que cela suffit. De plus, il n’y a pas de backing (d’or dans un coffre fort, ou de dollars sur un compte…) pour l’émission de quids, et comme disent les créateurs de Superfluid, il n’y en a pas besoin.

Enfin voilà, encore un exemple d’un outil qui permet de faire des choses, d’avoir accès à des services sans dépendre d’euros ni de dollars, mais plus de la collaboration et de la coopération entre êtres humains… Toujours intéressant…

3 catégories de monnaies : lucratives, complémentaires et virtuelles

14 Fév

Il y a quelques temps, je suis tombé sur un article très éclairant, qui date de 2007, qui fait une distinction importante que j’utilise beaucoup. Je vous invite à le lire ! Son auteur, Valérie Peugeot, distingue 3 types de monnaies :

  1. Les monnaies lucratives, commerciales, qui sont essentiellement des outils de fidélité : les « miles » d’Air France, les « s’miles », les points Carrefour ou Auchan, etc. qui permettent d’acheter des biens ou des services parmi un catalogue prédéfini. L’objectif : fidéliser pour vendre plus. Rien de nouveau, sauf que monsieur et madame tout le monde ne se rend pas forcément compte que c’est un type de monnaies à part entière.
  2. Les monnaies complémentaires, alternatives, sociales ou solidaires. Objectif : participer à une transformation de l’économie et de la finance. C’est le sujet de ce blog, c’est un secteur en croissance exponentielle, je pourrais me mettre à blogger à plein temps sans problème…
  3. Les monnaies virtuelles : une véritable vague de fond arrive également de ce côté-là. Tous les mondes virtuels et les jeux du type Second Life, World of Warcraft, etc. qui apparaissent en masse sur Internet – souvent au plus grand dam des parents persuadés que leur progénitures en en train de se couper de la réalité -, et qui permettent de se connecter en réseau et d’interagir via des personnages et des avatars, tous ces mondes ont leurs propres économies basées sur des monnaies particulières : le linden dollar dans le cas de Second Life, les gold pour World of Warcraft. Ces monnaies permettent de s’acheter des biens virtuels (une épée, une armure pour les jeux) ou d’ouvrir une boutique (pour Second Life et d’autres). L’article explique notamment comment Second Life a créé un marché de change entre le Linden Dollar et le dollar, et joue véritablement un rôle de banque centrale, maîtrisant l’inflation de leur monnaie… Sur le site IGE, vous pouvez acheter un bon paquet de monnaies virtuelles avec vos euros (j’ai fait le test pour l’exemple : 40 000 gold pour la Demon Soul faction vous en coûtera 146,99 US dollars…).

C’est surtout la distinction entre les 3 types de monnaies qui m’a plu dans cet article. Je ne connais pas assez les monnaies virtuelles pour savoir comment elles ont évoluées depuis 2007, mais il est sûr que le système monétaire et financier tel que nous le connaissons est en train de connaître une révolution profonde !

Voir l’article « Aux antipodes des monnaies complémentaires : les monnaies virtuelles »

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