Tag Archives: monnaie solidaire

3 catégories de monnaies : lucratives, complémentaires et virtuelles

14 Fév

Il y a quelques temps, je suis tombé sur un article très éclairant, qui date de 2007, qui fait une distinction importante que j’utilise beaucoup. Je vous invite à le lire ! Son auteur, Valérie Peugeot, distingue 3 types de monnaies :

  1. Les monnaies lucratives, commerciales, qui sont essentiellement des outils de fidélité : les « miles » d’Air France, les « s’miles », les points Carrefour ou Auchan, etc. qui permettent d’acheter des biens ou des services parmi un catalogue prédéfini. L’objectif : fidéliser pour vendre plus. Rien de nouveau, sauf que monsieur et madame tout le monde ne se rend pas forcément compte que c’est un type de monnaies à part entière.
  2. Les monnaies complémentaires, alternatives, sociales ou solidaires. Objectif : participer à une transformation de l’économie et de la finance. C’est le sujet de ce blog, c’est un secteur en croissance exponentielle, je pourrais me mettre à blogger à plein temps sans problème…
  3. Les monnaies virtuelles : une véritable vague de fond arrive également de ce côté-là. Tous les mondes virtuels et les jeux du type Second Life, World of Warcraft, etc. qui apparaissent en masse sur Internet – souvent au plus grand dam des parents persuadés que leur progénitures en en train de se couper de la réalité -, et qui permettent de se connecter en réseau et d’interagir via des personnages et des avatars, tous ces mondes ont leurs propres économies basées sur des monnaies particulières : le linden dollar dans le cas de Second Life, les gold pour World of Warcraft. Ces monnaies permettent de s’acheter des biens virtuels (une épée, une armure pour les jeux) ou d’ouvrir une boutique (pour Second Life et d’autres). L’article explique notamment comment Second Life a créé un marché de change entre le Linden Dollar et le dollar, et joue véritablement un rôle de banque centrale, maîtrisant l’inflation de leur monnaie… Sur le site IGE, vous pouvez acheter un bon paquet de monnaies virtuelles avec vos euros (j’ai fait le test pour l’exemple : 40 000 gold pour la Demon Soul faction vous en coûtera 146,99 US dollars…).

C’est surtout la distinction entre les 3 types de monnaies qui m’a plu dans cet article. Je ne connais pas assez les monnaies virtuelles pour savoir comment elles ont évoluées depuis 2007, mais il est sûr que le système monétaire et financier tel que nous le connaissons est en train de connaître une révolution profonde !

Voir l’article « Aux antipodes des monnaies complémentaires : les monnaies virtuelles »

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TAOA, une équipe à la rencontre des monnaies sociales

11 Fév

Parmi les aventuriers des monnaies, une équipe s’est constituée l’année dernière pour monter le projet TAOA : There Are Other Alternatives. Leur projet : faire connaître au monde les monnaies sociales.

Pour cela, ils ont imaginé un projet en trois étapes :

  • 2011 : Voyage en Amérique Latine, à la rencontre de ce continent sur lequel tant de projets sont actifs. Leur programme est très chargé ! : les clubs de troc en Argentine – qui ont joué un rôle si important pendant la crise de 2001-2002, le C3 en Uruguay pour l’appui aux PME – c’est là où ils sont en ce moment -, le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica, la monnaie SUCRE en Equateur et au Venezuela, et les banques communautaires du Venezuela et du Brésil… Cette partie du projet doit (bien) les occuper jusqu’à la fin de l’année 2011.
  • 2012 : Retour en France, avec un an de travail sur la promotion des monnaies sociales. Leur objectif est de parler et faire parler des monnaies, d’expliquer ce qu’ils ont vu et étudié en Amérique Latine, afin de susciter des projets ici. Ils sont déjà lié au projet de la Maille, un SEL créé par le WWF France et GoodPlanet (fondation créée par Yann Arthus Bertrand).
  • 2013 : Voyage d’un an en Asie. Cette partie du projet semble moins définie, mais j’imagine qu’il y a déjà assez à faire et que les choses s’éclairciront d’ici-là.

Les aventuriers sont tous les 3 de jeunes trentenaires – Anne-Cécile Ragot, Matthieu Vachez et Nabil Rabhi pour les nommer – qui ont quitté leur job pour se lancer dans cette aventure. Ils ont donc créé une association loi 1901, obtenu des partenariats, ont embarqué dans leur bateau un parrain, Patrick Viveret, et les voilà en route !

N’hésitez pas à les suivre, vous abonner à leur newsletter sur leur site, et à consulter leur page Facebook. On attend avec impatience leurs nouvelles et leur retour !

Une petite histoire

3 Fév

Vous l’avez déjà peut être (sûrement ?) lu quelque part sur internet, cette histoire, mais au cas où… la voici, à ma sauce, avec mes 2 petites conclusions.

La petite histoire
Il était une fois un petit village à l’ambiance morose où les gens ne s’entendaient pas très bien.
Un jour, une femme étrangère au village se gare dans une belle voiture de sport devant l’hôtel-restaurant de la place principale. Elle y entre et demande :
« J’aimerais réserver une chambre pour les prochains jours ». Et en guise d’acompte, elle pose sur le comptoir un billet de 200 EUR. Puis elle s’en va.
Aussitôt, le tenancier de l’hôtel va chez le boucher-traiteur avec le billet, et lui dit : « tiens, je te devais 200 EUR, les voici ». Le boucher-traiteur les prend, et court aussitôt chez l’éleveur du village, et lui dit : « tiens, je te devais 200 EUR, les voici ». L’éleveur prend le billet, court chez le paysan, et lui dit : « je te devais de l’argent, tiens, voilà 200 EUR ». Le paysan court avec le billet voir la fille de joie du village, et lui dit : « voilà les 200 EUR que je te dois, prends-les ! ». Et cette dernière d’aller voir le tenancier de l’hôtel restaurant : « je viens régler ma dette. Tiens, voilà les 200 EUR que je te dois ».
Quelques minutes plus tard, la femme riche revient à l’hôtel, et dit : « je viens d’avoir un appel, je dois rentrer chez moi… Redonnez-moi mon acompte, j’annule ma réservation ». Le tenancier de l’hôtel lui rend son billet. Elle prend alors son briquet, et brûle le bout de papier en disant : « de toute façon, c’était un faux… ».

Conclusions
Que penser de cette histoire…??? Personnellement, je retiens 2 choses :

  • D’une part, l’argent est une question de confiance. Si j’ai confiance dans un morceau de papier, pour ce qu’il représente, je peux l’utiliser comme référent pour des échanges – comme les gens du village ont utilisé un faux billet pour régler leurs dettes. Les monnaies complémentaires sont exactement pareil : si on a confiance dans le système (de SEL, de monnaie locale, etc.), on peut tout à fait utiliser ce vecteur comme un moyen d’échange, au même titre que les euros.
  • D’autre part, cette histoire est une illustration d’une notion très importante dont j’ai déjà parlé (c’est la raison n°4 d’utiliser les monnaies locales) : la vélocité de la monnaie. Une monnaie qui stagne, qui ne s’échange pas, c’est exactement ce qui se passe au démarrage dans ce village : pas d’échange possible. Par contre, l’arrivée du billet de 200 EUR permet de revitaliser l’économie du village. Tout à coup, l’argent tourne ! Et c’est ça qui, finalement, est important. Il vaut mieux qu’il y ai à un endroit peu d’argent qui tourne beaucoup, plutôt que beaucoup d’argent bloqué à quelques endroits (toute ressemblance avec une certaine crise, un certain système bancaire ou autre ne serait que purement fortuite…). Le mieux étant qu’il y ait beaucoup d’argent qui tourne beaucoup (!), assurant par là la fluidité des échanges. Cette fluidité pouvant être assurée par la mise en place d’une monnaie dite « suffisante », comme c’est le cas avec le système de crédit mutuel des SEL.
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