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Banco Palmas et le mouvement des banques communautaires au Brésil

3 Mai

La Banco Palmas, c’est l’histoire extraordinaire d’une favela de la ville de Fortaleza. Grâce à un mouvement communautaire, les habitants de la favela se sont pris en main, ont assaini le quartier, se sont organisés pour obtenir l’eau courante, etc. Toute cette histoire est relatée dans un livre passionnant, Viva Favela !, qui est sorti en octobre 2009.

Cette histoire m’intéresse car dans le processus qui les a amené à s’organiser, les habitants du Conjunto dos Palmeira ont créé une banque locale qui était au démarrage une institution de microfinance classique. Mais la réflexion des habitants, menés par Joaquim Melo, les a amené à se rendre compte que le problème principal, qui les empêchait de sortir de la pauvreté, c’était la fuite de la monnaie hors de la favela. En effet, de nombreux habitants ont un travail et un petit salaire, mais ils le dépensent hors de la favela. Cela fait que le quartier reste un endroit sous-monétarisé, et les commerçants locaux manquent de clients, de liquidités, etc.

Ils ont donc créé leur propre monnaie, le Palma, à parité avec le real. Et la banque Palma propose donc des microcrédits d’investissement, en real, avec un taux d’intérêt, et des microcrédits de consommation, en palma, à 0%. Les palmas ne peuvent être dépensés que chez les commerçants du quartier, ce qui, comme les monnaies locales, privilégie les échanges économiques dans le quartier.

Courte émission sur la Banco Palmas, France 24

La Banco Palmas a de plus créé plusieurs entreprises locales, des centres de formation, etc.

Cette initiative, qui a failli être étouffée par la Banque centrale du Brésil, bénéficie maintenant de son soutien. De nombreuses banques communautaires voient le jour au Brésil et au Venezuela, sur le modèle de la Banco Palmas.

Personnellement, je connais bien la microfinance. Je suis persuadé que les liens entre la microfinance et les monnaies complémentaires sont multiples, et pleins de sens, mais étonnamment, il y en a très peu. Je ne connais que le système des banques communautaires, et j’ai appris depuis peu que le chiemgauer avait créé un système de microcrédit en monnaie locale. Mais c’est tout ! J’espère qu’à l’avenir, le secteur de la microfinance sortira un peu de ses rails et deviendra un peu plus créatif, en s’inspirant de ce qui se fait avec des monnaies complémentaires…

TAOA, une équipe à la rencontre des monnaies sociales

11 Fév

Parmi les aventuriers des monnaies, une équipe s’est constituée l’année dernière pour monter le projet TAOA : There Are Other Alternatives. Leur projet : faire connaître au monde les monnaies sociales.

Pour cela, ils ont imaginé un projet en trois étapes :

  • 2011 : Voyage en Amérique Latine, à la rencontre de ce continent sur lequel tant de projets sont actifs. Leur programme est très chargé ! : les clubs de troc en Argentine – qui ont joué un rôle si important pendant la crise de 2001-2002, le C3 en Uruguay pour l’appui aux PME – c’est là où ils sont en ce moment -, le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica, la monnaie SUCRE en Equateur et au Venezuela, et les banques communautaires du Venezuela et du Brésil… Cette partie du projet doit (bien) les occuper jusqu’à la fin de l’année 2011.
  • 2012 : Retour en France, avec un an de travail sur la promotion des monnaies sociales. Leur objectif est de parler et faire parler des monnaies, d’expliquer ce qu’ils ont vu et étudié en Amérique Latine, afin de susciter des projets ici. Ils sont déjà lié au projet de la Maille, un SEL créé par le WWF France et GoodPlanet (fondation créée par Yann Arthus Bertrand).
  • 2013 : Voyage d’un an en Asie. Cette partie du projet semble moins définie, mais j’imagine qu’il y a déjà assez à faire et que les choses s’éclairciront d’ici-là.

Les aventuriers sont tous les 3 de jeunes trentenaires – Anne-Cécile Ragot, Matthieu Vachez et Nabil Rabhi pour les nommer – qui ont quitté leur job pour se lancer dans cette aventure. Ils ont donc créé une association loi 1901, obtenu des partenariats, ont embarqué dans leur bateau un parrain, Patrick Viveret, et les voilà en route !

N’hésitez pas à les suivre, vous abonner à leur newsletter sur leur site, et à consulter leur page Facebook. On attend avec impatience leurs nouvelles et leur retour !

Jean-François

21 Jan

Rendre à César ce qui est à César, et à Jean-François ce qui est à Jean-François…

Jean-François Noubel est la première personne que j’ai rencontré qui m’a parlé des monnaies complémentaires. Il est venu un jour à PlaNet Finance, l’ONG de microfinance dans laquelle je travaillais, pour un rendez-vous avec le président, Jacques Attali. Il y est venu avec l’intuition que les monnaies complémentaires pouvaient, en lien avec la microfinance, créer une synergie extraordinaire, et il voulait voir s’il y avait moyen d’explorer cela avec PlaNet Finance. Le rendez-vous n’a pas eu de suite, si ce n’est que cela a planté en moi la graine des monnaies complémentaires… qui n’a cessée de grandir depuis.

Aujourd’hui, je suis persuadé, au delà de l’intuition, que la microfinance et les monnaies complémentaires ont quelque chose à faire ensembles. Un exemple existe, avec la Banco Palmas au Brésil, dont je reparlerai plus en détail un autre jour, mais ce n’est qu’un exemple de tout ce qu’on peut faire.

Jean-François a créé un organisme qui s’appelle TheTransitioner, qui est un institut de recherche sur l’intelligence collective et les monnaies. C’est un vrai pionnier, un homme intègre au sens le plus tranchant du terme. Il est pour moi un ami et un inspirateur.

Jean-François est intervenu dernièrement au TEDx Paris. 13 minutes pour vous donner une bonne idée de l’homme ! Ca vaut le coup.

Il commente également cette intervention à TEDx sur son blog.

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